Fattouma : le travail dans le secteur rural n’a pas d’âge. Toutes les femmes travaillent : c’est enraciné dans leur culture, dans leur besoin d’exister, Fattouma, une jeune agricultrice, s’est mariée à l’âge de 17 ans. Elle travaillait dans la ferme familiale de son mari, n’a jamais eu de congés. Chaque jour, elle se réveillant à 4 heures du matin, été comme hiver. Que ce soit pour récolter des légumes ou broyer du blé manuellement. Fattouma travaille dans les champs avec un objectif en tête, fournir suffisamment de nourriture pour sa famille et payer les frais de scolarité de ses enfants. Dans son travail elle se sentait libre et autonome. Un jour Fattouma se sentait trop fatiguée, elle était souffrante, incapable de vaquer à ses tâches habituelles. Elle ignorait ses douleurs et s’est dite :c’est juste une petite douleur, ça va passer.

Elle ne pouvait pas aller à l’hôpital parce qu’elle n’avait pas son “carnet blanc” qui la rendait éligible aux services sociaux du gouvernement. Elle avait le choix entre les cliniques privées excessivement coûteuses ou bien de se rendre à une dispensaire public pour être auscultés par un médecin lors des jours de visites hebdomadaires…Imaginez un dispensaire avec un médecin qui se déplace une fois par semaine et des dizaines d’hommes et de femmes agglutinés devant, se battent pour ne pas revenir la semaine suivante.

Fattouma essayait de se soigner avec des médicaments traditionnels à base de plantes qu’elle connaissait, mais en vain. La douleur est toujours là. Finalement, sa famille l’a forcé à voir un médecin. Le cancer; a-t-il dit, l’avait rongée pendant de nombreuse années. Malgré la chirurgie, les médicaments et la chimiothérapie, Fattouma, ma mère, a quitté ce monde. Elle est partie à jamais, parce que pendant toutes ces années, elle souffrait, mais elle a préféré dépenser l’argent qu’elle a pour payer les études de ses enfants, pour nous permettre de vivre dignement et d’avoir un meilleur avenir.

Je connais plusieurs autres femmes ayant vécu la même histoire, Mariem, Aicha, Hamida, toutes vivaient dans la situation de Fattouma. Ahmini peut les aider ,Ahmini peut constituer une révolution au niveau de la santé dans les zones rurales. J’ai dédié Ahmini à Fattouma, un hommage à  ma chère mère et à toutes les femmes rurales, qui pour moi, sont toutes des Fattouma.

Par Meher khlifi